Un séminaire interculturel sur les violences entre partenaires intimes
- 4 juin
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Le 28 mai dernier, la Table de concertation en violence conjugale, familiale et sexuelle réunissait intervenantes et intervenants lors du séminaire Mieux comprendre pour mieux intervenir. Au programme lors de cette journée de réflexion, d’analyse et de réseautage : contextes migratoires, analyse différenciée selon les sexes et pratique anti-oppressive, des outils pour mieux accompagner les victimes de violence.
Comprendre les réalités des personnes nouvelles arrivantes
La journée a débuté avec une série de présentations visant à mieux cerner les contextes dans lesquels peuvent s’inscrire les situations de violence et comment les considérer.

La Maison de la famille des Maskoutains a d’abord mis en lumière sur les différents statuts migratoires et les défis qui y sont reliés, tout en dressant un portrait des services offerts aux personnes nouvellement arrivées.
Le Centre d’aide aux victimes d’agressions sexuelles (CAVAS) a ensuite pris la parole pour exposer les défis propres aux violences à caractère sexuel lorsqu’ils s’entrecroisent avec des réalités culturelles et des contraintes liées au statut migratoire des victimes.
Enfin, La Clé sur la porte a partagé les enjeux et les besoins spécifiques que la violence conjugale soulève au sein des communautés issues de l’immigration.
Des échanges qui ont nourri de riches réflexions collectives sur les enjeux d’adaptation et les obstacles à l’accès aux services, nous rappelant que chaque parcours migratoire est unique et mérite une réponse sur mesure.
L’analyse différenciée selon les sexes et la perspective intersectionnelle
Les personnes participantes ont aussi pu assister à une formation sur l’Analyse différenciée selon les sexes (ADS)+, animée par Madame Marielle Hajjar, chercheuse en sexologie. À partir d’une mise en contexte historique de la violence conjugale, son intervention a mis en lumière les nuances essentielles entre égalité de droit et égalité de fait, une distinction qui change tout.

Madame Hajjar a également exposé le concept d’intersectionnalité de façon claire et accessible. Une approche, qui invite à considérer tous les systèmes d’oppression pouvant toucher une personne, le genre, l’origine, la classe, le statut social, et l’orientation sexuelle, entre autres.
L’ADS+ est un outil précieux pour saisir la complexité des situations rencontrées sur le terrain et pour mieux intervenir auprès des personnes qui vivent un ou plusieurs systèmes d’oppression.
L’approche anti-oppressive : agir sur les structures
La journée s’est conclue sur une note engagée avec un atelier animé par Madame Tatiana Sanhueza, professeure à l’École nationale d’administration publique (ENAP) et chercheuse, ainsi que par Madame Sonia Parra Jordán, de la Table Femmes : Osez au féminin.

Ensemble, elles ont guidé les participantes et participants dans l’identification des différents systèmes d’oppression, leurs origines historiques, leurs mécanismes de reproduction et le rôle que jouent les institutions dans leur perpétuation.
Cet atelier a offert aux personnes participantes des grilles de lecture concrètes pour questionner leurs propres pratiques et envisager des interventions qui transforment véritablement les rapports de pouvoir, plutôt que de se contenter de les atténuer.
Au terme de cette journée riche en apprentissages, une chose est claire : la lutte contre les violences entre partenaires intimes nécessite des outils toujours adaptés aux contextes et aux situations et capables de prendre en compte la pluralité des expériences.
Félicitations au comité organisateur pour l’organisation de cet espace de réflexion bienveillant et profondément humain !

