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Les organismes communautaires maskoutains se joignent à une mobilisation de plus de 5000 personnes à Trois-Rivières

il y a 2 jours
3 min de lecture
Organismes communautaires. Communautaire à boutte. CDC des Maskoutains.
Les organismes mobilisés à Trois-Rivières. Crédit photo : Marie-Claude Morin

La Corporation de développement communautaire (CDC) des Maskoutains et plusieurs organismes communautaires maskoutains ont pris part, hier, à la grande mobilisation nationale du mouvement Le communautaire à boutte, à Trois-Rivières.

 

Plus de 5 000 personnes provenant de partout au Québec se sont rassemblées pour réclamer des engagements concrets des partis politiques envers le milieu communautaire, dans un contexte où les besoins augmentent et se complexifient.

 

Pour la CDC des Maskoutains, qui regroupe 61 organismes membres, cette mobilisation prend tout son sens alors que plusieurs crises sociales se superposent : logement, itinérance, insécurité alimentaire, détresse psychologique, pauvreté et isolement social.

 

« Les crises sociales ne se vivent pas en silo. Les organismes communautaires sont souvent là pour accueillir, soutenir et accompagner les personnes qui vivent plusieurs difficultés à la fois. On ne peut pas leur demander d’en faire toujours plus, avec des ressources qui ne suivent pas. », souligne Simon Proulx, directeur général de la CDC des Maskoutains.

Le communautaire ne demande pas la charité

Le message de la mobilisation est clair : le communautaire ne demande pas la charité. Il réclame un financement adéquat et prévisible à la mission, le respect de son autonomie et une véritable reconnaissance de sa contribution au filet social québécois.

 

Les organismes doivent composer avec une hausse des besoins, des difficultés de recrutement et de rétention ainsi qu’une surcharge importante. Localement, le Profil sur les retombées et les impacts socioéconomiques des organismes membres de la CDC des Maskoutains révèle notamment que 80 % des personnes salariées dans les organismes répondants sont des femmes.

 

Un engagement concret demandé : 360 M$

Le mouvement réclame notamment la création d’un fonds d’urgence de 360 millions de dollars en financement récurrent à la mission, soit environ 80 000 $ par organisme, afin de consolider les équipes et d’améliorer les conditions de travail.


Mais pour la CDC des Maskoutains, financer adéquatement le communautaire ne constitue pas seulement une dépense supplémentaire pour l’État : c’est un investissement social et économique.

 

« Investir dans le communautaire, c’est investir en prévention, dans nos communautés et dans notre économie. Les organismes interviennent souvent bien avant que les situations ne se détériorent davantage et nécessitent des interventions beaucoup plus coûteuses pour la société. Les données démontrent qu’au-delà de leur apport humain et social, leur contribution a aussi une réelle valeur économique. », rappelle Simon Proulx.

 

Une étude publiée par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) estime qu’une augmentation de 1 $ du financement des organismes communautaires permet, en moyenne, de générer environ 12 $ d’économies dans les dépenses publiques de santé sur une période de six ans.

 

Une étude d’impact économique réalisée par AppEco pour la Table nationale des Corporations de développement communautaire (TNCDC) démontre également que pour chaque tranche de 100 M$ investie dans le communautaire, 183,7 M$ sont injectés dans l’économie québécoise, 110 M$ de PIB sont générés et 1 900 emplois sont maintenus ou créés.

 

Des engagements attendus

À quelques semaines du scrutin provincial du 5 octobre, la CDC des Maskoutains invite les candidates et candidats de la région, toutes formations politiques confondues, à faire connaître clairement leurs engagements envers l’action communautaire autonome.

 

« Plus de 5 000 personnes rassemblées à Trois-Rivières, ça envoie un message clair. Le communautaire est à boutte, oui, mais il est aussi debout. Nous voulons maintenant connaître les engagements concrets qui seront pris pour lui permettre de continuer à jouer pleinement son rôle. », conclut Simon Proulx.

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