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Les casiers communautaires : une réponse issue des personnes concernées

  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Casiers communautaires Saint-Hyacinthe
Les casiers communautaires situés dans le centre-ville de Saint-Hyacinthe

À la suite de la lettre de Mme Charline Tremblay, « Réflexion autour des casiers communautaires », je souhaite apporter certaines précisions, puisque la Corporation de développement communautaire des Maskoutains accompagne les travaux de la Table Solidarité Itinérance Maskoutaine (TSIM).

 

D’abord, une clarification qui touche directement à la question soulevée. La Ville de Saint-Hyacinthe n’a pas de participation financière directe dans le projet de casiers communautaires. Celui-ci s’inscrit dans le cadre du Plan de réponse communautaire aux campements, un programme du gouvernement fédéral visant à soutenir des réponses concrètes aux enjeux vécus par les personnes en situation d’itinérance ou d’instabilité résidentielle. Il serait donc inexact de laisser entendre que ce projet repose sur une enveloppe municipale ou sur une utilisation directe des taxes des citoyennes et citoyens.

 

Une deuxième précision s’impose. La TSIM n’est pas un organisme, mais une table de concertation. Elle réunit les actrices et acteurs concernés par l’itinérance : organismes communautaires, partenaires institutionnels, réseau de la santé, services policiers et personnes engagées auprès des personnes en situation d’itinérance.

 

Sur le fond, les casiers sécurisés ne sont pas présentés comme une solution complète à l’itinérance. Personne ne prétend qu’un casier remplace un toit, un repas chaud, un accompagnement psychosocial ou un logement stable. Ce projet répond toutefois à un besoin concret, immédiat et nommé par les personnes concernées elles-mêmes. Il émane de groupes d’experts de vécu en situation d’itinérance, soit des personnes qui connaissent cette réalité de l’intérieur et qui ont exprimé le besoin de conserver temporairement leurs effets personnels en sécurité.

Il faut donc être prudent avant de qualifier cette initiative de mesure « cosmétique ». Le mot laisse entendre un geste posé pour l’apparence, alors que la demande vient des personnes concernées. Pour plusieurs, les effets personnels représentent bien plus que des objets : vêtements, documents d’identité, médicaments, souvenirs ou éléments essentiels à leurs démarches. Les perdre ou devoir les transporter constamment peut compliquer des parcours déjà fragilisés.

Les casiers sont une des réponses aux enjeux vécus à Saint-Hyacinthe, et non LA réponse. L’itinérance exige des actions à plusieurs niveaux. Sur notre territoire, des réponses existent déjà pour les besoins plus fondamentaux. L’Accueil fraternel offre notamment une soupe populaire, et un refuge d’hébergement d’urgence permet d’offrir un toit temporaire. Dans le cadre de ce même plan fédéral, la TSIM et ses partenaires ont d’ailleurs contribué à la mise en place d’une maison de chambres, une réponse qui touche justement au besoin de se loger.

 

Enfin, les modalités d’accès relèvent d’une approche terrain, portée par des intervenantes et intervenants qui connaissent déjà les personnes et leurs réalités. L’accès ne repose pas sur une démarche administrative lourde, mais sur ce lien de proximité, afin d’assurer une utilisation équitable et adaptée d’une ressource limitée.

 

Les casiers ne règlent pas l’itinérance. Ils n’ont jamais eu cette prétention. Mais ils constituent une réponse utile, humaine et concrète à un besoin réel. Dans une crise complexe, chaque geste qui redonne un peu de sécurité et de dignité mérite d’être reconnu à sa juste valeur.

 

 

Simon Proulx

Directeur général

CDC des Maskoutains, qui regroupe fièrement plus de 60 organismes

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